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Cancers
de la peau :
Les
carcinomes basocellulaires et les carcinomes épidermoïdes |
Auteur : Dr Philippe Abimelec
Mise à jour scientifique : février 2007
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| Quelles
sont les variétés de cancers cutanés ? |
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Les
cancers de la peau sont les plus fréquents des cancers.
Il y a plus de 100 000 nouveaux cas annuels de cancers de la peau
en France.
Les
cancers de la peau les plus fréquents et les moins graves
sont les carcinomes baso-cellulaires et épidermoïdes.
Le carcinome baso-cellulaire est quatre à cinq
fois plus fréquent que le carcinome épidermoïde.
Ces carcinomes cutanés touchent plus souvent des sujets à la
peau blanche après l'âge de 40 ans, mais ils peuvent
se voir plus jeune.
Les
mélanomes malins sont des cancers cutanés plus rares
(4 000 à 5
000 nouveaux cas par an en France) mais plus graves; ils peuvent
guérir
définitivement si le traitement est mis en oeuvre précocement.
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| Qu'est-ce
qu'un carcinome cutané ? |
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Les
carcinomes se développent à partir
de cellules de la portion superficielle de la peau (l'épiderme).
L'épiderme
comporte plusieurs variétés de cellules; les kératinocytes,
qui en forment le contingent principal, sont à l'origine
des carcinomes baso-cellulaires et épidermoïdes.
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| Qu'est-ce
qui provoque les carcinomes baso-cellulaires et épidermoïdes ? |
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L'exposition
solaire excessive est le facteur essentiel responsable du développement
des cancers cutanés. Les patients à peau
blanche d'origine européenne sont les principales victimes
des carcinomes cutanés, qui sont plus rares chez les patients à peau
pigmentée.
Carcinomes
basocellulaires. Chez des sujets prédisposés,
plusieurs facteurs d'environnement (exposition solaire aigues intermittentes et répétées surtout, mais aussi radiations ionisantes, exposition à l'arsenic,
plaies chroniques) sont impliqués dans la formation
de ce carcinome.
Carcinomes épidermoïdes.
L'exposition solaire (exposition chronique) est le facteur de risque
essentiel des carcinomes épidermoïdes,
mais des facteurs familiaux (génétiques),
l'exposition aux radiations ionisantes (rayons
x), à certains
virus (virus du papillome humain), à des
substances chimiques (goudrons de houilles,
arsenic) ont été mis
en cause dans la formation de certains carcinomes épidermoïdes.
Les cicatrices de brulûres ou des plaies
persistantes représentent
aussi un facteur de risque pour ces cancers.
Certains médicaments
qui dépriment les défenses
de l'organisme favorisent la survenue des
carcinomes épdermoïdes.
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| Quels
sont les signes des carcinomes basocellulaires et épidermoïdes
? |
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Carcinomes
baso-cellulaires. Trois fois sur quatre, ils sont situés
au niveau de la tête et du cou. Les localisations courantes
sont le visage (nez, paupières, lèvres, joues,
front, tempes), le cuir chevelu et le haut du tronc, mais ils
peuvent se localiser sur d'autres zones du corps. Ils peuvent
prendre l'aspect d'un bouton en relief de couleur rouge ou
rosée, d'une petite tache rouge ou blanche avec une
bordure surélevée, ou encore d'une plaie qui
ne cicatrise pas.
Carcinomes épidermoïdes.
Ils se situent souvent au niveau des régions exposées
au soleil (tête et cou, décolleté,
haut du corps, avant- bras, mains et ongles), mais peuvent
toucher d'autres zones comme la bouche ou les organes génitaux.
Sur la peau exposée au soleil, ils débutent
souvent comme une croûte blanche (kératose)
qui s'épaissit progressivement et s'ulcère
pour former une plaie irrégulière à bordure
surélevée.
Carcinome
basocellulaire |
Carcinome
basocellulaire pagétoïde |
Carcinome
basocellulaire nodulaire |
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Carcinome
baso-cellulaire tatoué |
Carcinome
baso-cellulaire ulcéré |
Carcinome épidermoïde |
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| Quels
sont les signes d'alerte des
carcinomes basocellulaires et épidermoïdes ? |
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Dans
tous les cas il faut se méfier d'un bouton, d'une croûte,
d'une tache qui persiste et se modifie ou d'une plaie qui ne
cicatrise pas rapidement.
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| Quels
sont les sujets à risques
? |
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Sujets à peau
blanche d'origine européenne.
Sujets
ayant subit une exposition solaire importante, pendant plusieurs
années (sujets à peau blanche ayant vécus
dans les pays à fort ensoleillement, agriculteurs, marins...)
Patients
qui ont été exposés aux radiations ionisantes
ou aux rayons ultraviolets pour des motifs thérapeutiques,
au contact avec les goudrons de houilles, qui ont subi un traitement
déprimant l'immunité (greffés cardiaques
ou rénaux) ou qui présentent des cicatrices de
brûlures.
Les
patients qui ont déjà présenté un
carcinome baso-cellulaire ou épidermoïde ont un
risque accru d'en développer un autre.
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| Comment
prévenir les carcinomes cutanés ? |
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Eviter
l'exposition solaire, c'est le meilleur moyen pour éviter
un cancer de la peau. L'exposition au soleil et aux radiations
ultraviolettes sont les facteurs de risques essentiels des
carcinomes cutanés. Il faut donc interdire les bains
de soleil, éviter l'exposition solaire aux heures ou
les radiations solaires sont les plus intenses (de 11 heures à 16
heures), appliquer une crème solaire protectrice (indice
20 au moins) à renouveler toutes les deux heures et
après chaque bain, porter des vêtements protecteurs
et un chapeau.
Il
est important de détecter
les cancers débutants et les lésions précancéreuses,
car un traitement précoce permet d'assurer une guérison
complète. Une inspection régulière de
l'ensemble de la peau (auto-examen)
permet de détecter rapidement une tache ou
un petit bouton qui
se modifie, une plaie ou une croûte qui persiste. Un
examen chez
le dermatologue permet
d'obtenir un diagnostic précis, et de réaliser
si nécessaire l'analyse d'une lésion douteuse.
Les sujets à risques
doivent prévoir des visites régulières
chez le dermatologue. Les kératoses actiniques sont
des lésions précancéreuses qui se traduisent
par une petite croûte épaisse qui persiste,
elles se localisent sur les zones normalement exposées
au soleil (tête, cou, avant-bras surtout). Les kératoses
actiniques évoluent en carcinomes épidermoïdes
dans un temps variable, leur destruction évite cette
transformation.
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| Comment
se fait le diagnostic des carcinomes baso-cellulaires et épidermoïdes ? |
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Le
dermatologue peut suspecter un carcinome baso-cellulaire ou épidermoïde
à l'aspect, mais le prélèvement d'un fragment
de peau (biopsie) suivi de son examen au microscope (examen histologique)
est le plus souvent indispensable pour la confirmation du diagnostic.
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| Quels
sont les traitements des
carcinomes baso-cellulaires et épidermoïdes ? |
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Le
traitement des carcinomes cutanés fait le plus souvent
appel à la
chirurgie. Le dermatologue ou le chirurgien pratique l'exérèse
de la lésion avec une marge de sécurité variable
en fonction du type du carcinome et de son stade évolutif.
L'analyse au microscope de la tumeur, après son ablation,
permet de s'assurer qu'elle a été complètement
retirée. Certains carcinomes épidermoïdes
peuvent nécessiter l'ablation de ganglions voisins. L'électrocoagulation,
le laser C02, l'application
d'azote liquide, la radiothérapie, l'application d'une crème qui module l'immunité (imiquimod ou aldara ®) ou plus récemment la phothérapie dynamique sont parfois utilisés
pour le traitement de certains carcinomes baso-cellulaires superficiels,
mais ces méthodes ont l'inconvénient de ne pas
permettre une analyse de la lésion traitée. Les
kératoses
pré-cancéreuses (kératoses actiniques) peuvent être
traitées par l'application d'azote, d'une crème à base
de fluoro-uracile, par électrocoagulation, avec le laser
C02, grace à la photothérapie dynamique ou parfois chirurgicalement;.
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| Quelle
est l'évolution des carcinomes basocellulaires et épidermoïdes ? |
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En
l'absence de traitement, les carcinomes basocellulaires et épidermoïdes
s'étendent localement et peuvent avoir une évolution
destructrice. Le risque de localisation à distance
(métastase) est presque inexistant pour les carcinomes
baso-cellulaires et rare pour les carcinomes épidermoïdes.
Dans tous les cas, le risque de métastases est d'autant
plus important que la lésion est évoluée.
Les carcinomes épidermoïdes des muqueuses (lèvres)
et des organes génitaux comportent un plus grand risque.
Les
carcinomes basocellulaires ou épidermoïdes traités
précocement guérissent définitivement dans
plus de 90 % des cas. Après le traitement, une surveillance
prolongée est nécessaire pour dépister une
récidive et s'assurer qu'il n'y a pas d'autres lésions
suspectes.
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| Nouvelles thérapeutiques: La phothérapie dynamique |
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La photothérapie dynamique (application d'une substance qui réagit à la
lumière, suivie d'une exposition lumineuse de longueur
d'onde particulière) est déjà utlisée dans le traitement des carcinomes baso-cellulaire superficiels en dehors du visage, de la maladie de Bowen (carcinome épidermoïde intra-épidermique) et des kératoses actiniques (lésions cutanées précancéreuses). On applique la crème Metvixia® sur la lésion a traiter, celle ci ensuite recouverte d'un pansement occlusif pour trois heures. On enlève ensuite la crème puis on éclaire la lésion avec une lumière rouge (LED d'une longueur d'onde de 635 nm) pendant 8 minutes. Le patient ressent une petite brûlure pendant le traitement. Dans les suites de la séance se forme une croûte sur la lésion traitée, une deuxième séance de phothérapie dynamique est parfois nécessaire. La lésion traitée disparaît ensuite dans la plupart des cas sans laisser de cicatrice.
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| Quelles
sont les perspectives d'avenir ? |
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Plusieurs
thérapeutiques sont en voie d'investigation pour le traitement
des carcinomes cutanés.
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| Références
bibliographiques |
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1. Carter
M., Lin A. Basal Cell Carcinoma. In : Fitzpatrick T., Eisen A.,
Wolff K., Freedberg I., Austen K., eds. Dermatology in general
practice : Mc-Graw Hill, Inc, 1993:840-47.
2.
Schwartz
R., Stoll H. Squamous-Cell Carcinoma. In : Fitzpatrick T., Eisen
A., Wolff K., Freedberg I , Austen K., eds. Dermatology in general
practice : Mc-Graw Hill, Inc, 1993:821-32.
3. Blume JE, Oseroff AR. Aminolevulinic acid photodynamic therapy for skin cancers. Dermatol Clin. 2007 Jan;25(1):5-14. Review.
4. Szeimies RM. Methyl aminolevulinate-photodynamic therapy for basal cell carcinoma. Dermatol Clin. 2007 Jan;25(1):89-94. Review.
5 Recommandations sur la prise en charge du carcinome basocellulaire de l’adulte : un document de la haute autorité en santé. 16 Juin 2004.
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