Granulome annulaire | Dr Abimelec

Granulome annulaire

Le granulome annulaire se traduit par des boutons groupés en anneaux, les plaques siègent particulièrement sur les extrémités ou les surfaces articulaires. Le granulome annulaire disparaît en général spontanément en une à deux années. Aucun traitement n'a réellement fait la preuve de son efficacité.

Auteur : Dr Philippe Abimelec
Mise à jour scientifique : décembre 2015

Résumé

Le granulome annulaire est une dermatose bénigne. Elle atteint généralement les enfants et adultes jeunes et forme des plaques de forme annulaire sur les doigts, le dos des mains et les surfaces articulaires. Les formes localisées sont les plus fréquentes et consistent en une ou plusieurs plaques de plusieurs centimètres d’évolution centrifuge. Les plaques régressent généralement spontanément au bout de deux ans d’évolution. En l’absence de gène, l’abstention thérapeutique est recommandée, ce d’autant qu’aucun traitement n’a vraiment fait la preuve de son efficacité. Si les lésions sont gênantes ou disgracieuses, on peut envisager des traitements locaux ou par voie générale. Pour les lésions localisées : la cortisone en crème ou en piqûres dans les lésions sont le plus souvent utilisées, le laser vasculaire donne parfois de bons résultats. La biopsie cutanée peut conduire à la régression des plaques. Le granulome annulaire est rarement généralisé, on recherche alors un diabète associé. Quand le granulome annulaire est disséminé, on propose en général des traitements généraux, mais leurs résultats sont incertains.

Mots clés

Granulome annulaire, granulome à corps étranger, nécrobiose lipoïdique, granulome annulaire multiple, granulome annulaire disséminé. Granuloma annulare, necrobiosis lipoïdica.

Qu’est ce qu’un granulome annulaire ?

Le granulome annulaire est une affection cutanée relativement fréquente. Elle atteint plus fréquemment les enfants et les adultes jeunes mais elle peut apparaître à n’importe quel âge.

Dans la majorité des cas, la lésion est une plaque arrondie, annulaire, de quelques centimètres de diamètre. Le granulome annulaire se développe sur un ou deux sites du corps, souvent en regard de zones osseuses comme le dos des mains, les coudes et les chevilles. La plaque est formée de tout petits boutons surélevés et disposés en anneau, la zone centrale plus claire est sans relief. La tache s’élargit par les bords extérieurs ont dit alors que l’extension est centrifuge. Dans certains cas, la totalité de la zone est plus plate et forme alors une tache.

Quelle est la cause du granulome annulaire ?

L’origine du granulome annulaire est inconnue, c’est une affection en général bénigne et sans gravité. Pour expliquer sa survenue, on a proposé des mécanismes faisant intervenir des globules blancs qui induiraient une réaction immunitaire et allergique. On a aussi évoqué un processus de destruction des tissus aboutissant à une réaction inflammatoire de la peau.

Quelles sont les manifestations du granulome annulaire ?

Le granulome annulaire ne provoque en général pas de symptômes génants. Les lésions débutantes peuvent démanger un peu. Les plaques peuvent être douloureuses en cas de traumatisme.

Dans la forme localisée habituelle, la ou les plaques de formes annulaires surviennent sur un ou deux sites du corps. Le granulome annulaire siège souvent en regard de surfaces articulaires, comme le dos des mains, les coudes et les chevilles. Les plaques sont de couleur chair, rosées ou violacées. La lésion débutante est un petit bouton (papule ou petit nodule) bien limité, de consistance ferme – les boutons se multiplient et se groupent pour former des plaques en anneau, qui s’élargissent par le bord externe – de façon centrifuge- en s’aplatissant au centre. Ainsi la plaque (tache surélevée) est formée d’un groupement de très petits boutons fermes disposés en anneau. L’anneau augmente lentement et légèrement de taille pour atteindre 2,5 à 5 cm de diamètre. Parallèlement à l’augmentation de la taille, la couleur devient plus violacée pour pâlir graduellement. On distingue les formes localisées des formes disséminées de granulome annulaire.

La forme localisée est la plus fréquente, le granulome annulaire forme un ou quelques anneaux sur le corps, généralement sur les extrémités et en regard des articulations. Les lésions parfois multiples sont alors dispersées sur plusieurs régions du corps.

Les formes plus rares sont de diagnostic difficile, elles peuvent nécessiter une biopsie (examen histologique) pour analyse.

Granulome annulaire généralisé ou disséminé (9 à 15% des patients qui présentent un granulome annulaire)

Cette variété touche plutôt l’adulte, les boutons sont disséminés sur l’ensemble du corps. L’éruption peut-être formée de petits boutons isolés, de plaques multiples (taches surélevées) ou de taches (planes) dont la couleur varie de jaunâtre à brun.

Granulome annulaire profond

Cette forme touche les enfants, elle forme de gros boutons durs enchâssés dans la peau et les tissus profonds – chaque lésion mesure 5 mm à 4 cm de diamètre. Les régions de prédilection sont les chevilles, le dos des pieds, les fesses, le cuir chevelu et les paupières.

Granulome annulaire perforant (5% des patients qui présentent un granulome annulaire).

Il s’agit d’une forme rare qui touche plutôt le dos de la main et des doigts, elle est parfois généralisée sur le tronc et les extrémités. Certains boutons sont ombiliqués (avec un creux au centre) et laissent parfois écouler un matériel épais. Les lésions peuvent laisser des cicatrices séquellaires.

Est-ce que le granulome annulaire est associé à d’autres maladie ?

Dans la plupart des cas, le granulome annulaire survient en petit nombre (une à deux plaques) et de façon isolée. Il est parfois associé au diabète, particulièrement dans les formes disséminées ou généralisées.

Comment fait on le diagnostic d’un granulome annulaire ?

Le diagnostic de la forme habituelle est en règle facile pour le dermatologue qui se base sur l’aspect de la lésion.

Quand l’aspect n’est pas caractéristique, un prélèvement de peau (biopsie) peut être réalisé. Dans ce cas, une partie de la lésion est enlevée à l’aide d’un bistouri sous anesthésie locale, il est ensuite examiné au laboratoire d’analyse. La confrontation de l’aspect visuel à l’aspect au microscope permet en général d’être sûr du diagnostic. Un dosage du sucre dans le sang est également indiqué dans les formes généralisées.

Quelle est l’évolution du granulome annulaire ?

La majorité des lésions régressent spontanément dans un délai d’un à deux ans. Ce délai varie entre les individus et ne peut être estimé à l’avance de façon précise. Les traitements permettent parfois de limiter la gêne, l’extension des lésions ou la durée de l’éruption.

Avec quelles maladies le granulome annulaire peut-il être confondu ?

Le dermatologue peut confondre le granulome annulaire avec un erythème annulaire centrifuge, un lichen plan ou l’érythéma élévatum diutinum. En cas de doute, le médecin réalisera un prélèvement de peau pour analyse.

Quel est le traitement du granulome annulaire ?

Aucun traitement n’a réellement fait la preuve de son efficacité pour guérir le granulome annulaire.
Si les plaques sont de petites tailles et ne provoque pas de gêne, elles peuvent être laissées sans traitement en attendant leur disparition spontanée. Des traitements locaux et généraux peuvent être utilisés. Les traitements permettent souvent de réduire la taille des lésions ou leur extension, mais l’effet est parfois de courte durée.

Traitements locaux :

– Les corticoïdes locaux : les pommades et crèmes à base de cortisone (dermocorticoïdes) peuvent accélérer la régression des plaques – l’utilisation des dermocorticoïdes les plus forts est nécessaire (proprionate de clobétasol – dermoval®), une occlusion avec un pansement (blenderm®) est parfois nécessaire.

– Injections intralésionnelles : des injections de cortisone très diluée (acétonide de triamcinolone- kénacort®) sont parfois utilisées en injection dans la peau. Les injections de kénacort doivent être très diluées (3 à 5 mg/ml) et utilisées en très petite quantité pour éviter des complications (amincissement de la peau).

– Le prélèvement de peau: fréquemment, la biopsie cutanée (analyse de peau) faite pour confirmer le diagnostic provoque la disparition du granulome annulaire prélevé, mais aussi des autres lésions. On ne s’explique pas ce phénomène.

– La cryothérapie : La cryothérapie à l’azote liquide peut être proposée et peut conduire à la régression des lésions.

– Le laser à colorant pulsé est une option intéressante dans les formes localisées, elle aboutit à la disparition des lésions dans un cas sur deux.

– L’application de froid (cryothérapie) : La cryothérapie à l’azote liquide peut conduire à la régression des lésions.

– L’interféron gamma en injections intralésionnelles est parfois proposé.

Traitements généraux :

Les traitements suivants sont parfois utilisés dans formes disséminées ou généralisées de granulome annulaire :
– La photothérapie (PUVA thérapie).
– Les rétinoïdes (isotrétinoïne).
– Des immunosuppresseurs : la cyclosporine.
– D’autres traitements : l’Hydroxychloroquine (Plaquenil®), les Sulfones (Disulone®) et le Chloraminophène ont parfois été recommandés.

Photographies

Granulome annulaire
Granulome annulaire multiple
Granulome annulaire
Granulome annulaire multiple
Granulome annulaire
Granulome annulaire forme plane
Granulome annulaire
Granulome annulaire forme plane

Pour plus d’informations

Photographies

Dermatlas – Granulome annulare

Dermis – Granuloma annulare

Dermnet – Granuloma annulaire

Dermquest – granuloma annulare

Références

Thérapeutique dermatologique – Granulome annulaire

New Zealand Dermatological Society – Société néo-Zélandaise de dermatologie : Granuloma annulare

The British association of dermatologists – Société Britannique dermatologie : Granuloma annulare

E medicine – Medcape Granuloma Annulare

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