Lucite et Allergie au soleil

Allergie au soleil ou Ă©ruption solaire

Les allergies au soleil ou lucites sont des éruptions déclenchées par les rayons solaires. La lucite estivale bénigne est la plus fréquente, elle est souvent qualifiée "d'allergie au soleil". Une protection solaire stricte qui proscrit les "bains de soleil" permet souvent de l'éviter, la prise préventive d'antipaludéens de synthèse évite les poussées dans les cas plus sérieux

Auteurs : Dr Ph Abimelec, Dr Ch. Comte
Mise à jour scientifique : fĂ©vrier 2014
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VOS QUESTIONS SUR LA LUCITE ET L’ALLERGIE AU SOLEIL

Résumé

Les lucites sont des Ă©ruptions dĂ©clenchĂ©es par les rayons solaires. La lucite estivale bĂ©nigne est la plus frĂ©quente des Ă©ruptions solaires, elle est souvent qualifiĂ©e « d’allergie au soleil ». La lucite estivale touche souvent la femme jeune et apparaĂ®t dès les premiers soleils. La lucite estivale se traduit par de petits boutons du dĂ©collĂ© et des bras qui dĂ©mangent. L’Ă©ruption rĂ©cidive après chaque exposition mais diminue pour disparaĂ®tre quand la peau est un peu hâlĂ©e. En cas d’Ă©ruption solaire, les crèmes Ă  la cortisone et les comprimĂ©s anti-allergiques (Reactine®) calment. En prĂ©vention, la protection solaire est essentielle, mais le dermatologue peut vous prescrire de l’acide para aminobenzoĂŻque (Pabasun®), des antipaludĂ©ens de synthèse ou une photothĂ©rapie. Les complĂ©ments alimentaires n’ont pas fait la preuve de leur efficacitĂ© (photoderm oral®, Ĺ“nobiol solaire®). La lucite peut ĂŞtre confondue avec d’autres Ă©ruptions dĂ©clenchĂ©es ou aggravĂ©es par le soleil, des explorations complĂ©mentaires en milieu spĂ©cialisĂ© sont parfois nĂ©cessaires.

Qu’est-ce que l’allergie au soleil ?

Les lucites (du latin lux: lumière), sont un groupe de maladies de la peau déclenchées par certains rayons du soleil.

Les dermatologues les ont classées en différentes catégories en fonction de leurs symptômes. Les éruptions phototoxiques ou photoallergiques surviennent après la prise de certains médicaments ou dans les suites de l’application de produits sur la peau (parfums, citron, figuier et même parfois écrans solaires….). Certaines personnes déclenchent des réactions au soleil sans avoir pris aucun médicament ni appliqué aucun produit : elles ont une maladie de la peau appelée « lucite idiopathique », ou polymorphous light eruptions par les anglo-saxons.

Quelles sont les différentes variétés de lucite ?

La lucite estivale bénigne (LEB)

C’est la plus frĂ©quente des lucites, son origine est inconnue. Cette « allergie solaire » touche gĂ©nĂ©ralement les femmes jeunes vers l’âge de 24 ans. Cette Ă©ruption solaire apparaĂ®t en gĂ©nĂ©ral douze heures près une exposition solaire intense, le plus souvent lors des premiers soleils. La lucite se traduit par des boutons et des dĂ©mangeaisons qui apparaissent sur le dĂ©colletĂ© et les bras mais le visage n’est jamais atteint. La lucite estivale provoque de multiples petits boutons roses Ă  peine surĂ©levĂ©s, ils sont sĂ©parĂ©s entre eux par un intervalle de peau normale. Si l’on ne fait aucun traitement « l’allergie au soleil » dure environ une semaine et disparaĂ®t toute seule. Cette lucite va recommencer ensuite après chaque exposition au soleil mais s’attĂ©nue pour disparaĂ®tre avec le bronzage. Elle rĂ©cidive en gĂ©nĂ©ral l’annĂ©e suivante.

La lucite polymorphe

Elle est beaucoup moins frĂ©quente. Cette lucite survient le plus souvent chez un adulte jeune de 10 Ă  30 ans, mais peut se rencontrer Ă  tout âge. L’Ă©ruption solaire apparaĂ®t dès une exposition aux premiers soleils, parfois mĂŞme lorsque celle-ci est modĂ©rĂ©e. Les boutons de la lucite polymorphe prennent des aspects variĂ©s : petits boutons roses surĂ©levĂ©s ou plus larges plaques rouges comme des piqĂ»res d’orties, petits boutons rouges très prurigineux remplis de sĂ©rositĂ© (eczĂ©ma), boutons regroupĂ©s en forme de cercle. La lucite polymorphe touche le dĂ©colletĂ© et les bras mais Ă  l’inverse de la lucite estivale, la lucite polymorphe peut toucher aussi le visage, le dos des mains et derrière les oreilles. La lucite polymorphe s’Ă©tend plus rarement aux zones couvertes. Contrairement Ă  la lucite estivale, la lucite polymorphe persiste Ă  chaque exposition au soleil, mĂŞme une fois que la peau est bronzĂ©e. Les boutons de la lucite polymorphe, peuvent persister en hiver, mĂŞme lorsqu’on ne s’expose plus au soleil. La lucite polymorphe rĂ©cidive et s’aggrave d’annĂ©e en annĂ©e, c’est une affection chronique.

La photodermatose printanière juvénile(ou éruption printanière des oreilles)

La photodermatose printanière juvĂ©nile est plutĂ´t rare mais pas exceptionnelle. Elle touche gĂ©nĂ©ralement des jeunes garçons âgĂ©s de 5 Ă  12 ans. L’Ă©ruption solaire apparaĂ®t dès les premiers soleils, après une exposition solaire par temps froid. Il se forme des petits boutons au dessus des oreilles qui se transforment en croĂ»tes et disparaissent en une dizaine de jours sans laisser de marque. Cette Ă©ruption se produit pendant quelques annĂ©es, uniquement lors des premiers soleils, puis finit par disparaĂ®tre toute seule.

L’urticaire solaire

C’est une une forme d’urticaire (plaques rouges surĂ©levĂ©es qui dĂ©mangent et ressemblent Ă  des piqĂ»res d’ortie) dĂ©clenchĂ©e par la lumière. L’urticaire solaire est en gĂ©nĂ©ral dĂ©clenchĂ©e les rayons ultraviolets (UV) ou mĂŞme parfois la lumière visible ! Après une courte exposition solaire (15 min environ), surviennent des boutons et des plaques qui dĂ©mangent fortement et ressemblent Ă  des piqĂ»res d’orties. Ces boutons disparaissent en quelques heures sans traitement lorsque le patient n’est plus au soleil. L’urticaire solaire est une affection qui se prolonge souvent pendant plusieurs annĂ©es. Cette « allergie solaire » peut-ĂŞtre extrĂŞmement gĂŞnante dans la vie de tous les jours, dans des cas extrĂŞmes l’urticaire solaire peut empĂŞcher d’étendre son linge ou de se promener quelques minutes dans la rue…

Autres lucites

Le prurigo actinique, la dermatite actinique chronique, et l’hydroa vacciniforme sont des affections exceptionnelles.

Le soleil est-il toujours responsable de l’allergie au soleil ?

Par dĂ©finition, les lucites sont dĂ©clenchĂ©es par les rayons ultraviolets du soleil. Une poussĂ©e de boutons qui dĂ©bute en hiver sans aucune exposition solaire n’est donc jamais une lucite. Il faut cependant se mĂ©fier d’une exposition qui peut ĂŞtre indirecte, Ă  travers une vitre, un pare-brise de voiture, ou par rĂ©verbĂ©ration des rayons solaires (sous un parasol par exemple).

Comment savoir si l’on a une allergie au soleil ?

Le dermatologue diagnostique en gĂ©nĂ©ral aisĂ©ment une lucite estivale ou une photodermatose printanière juvĂ©nile, qui ne nĂ©cessitent en gĂ©nĂ©ral pas d’investigation complĂ©mentaire.
Le recours Ă  des explorations complĂ©mentaires spĂ©cialisĂ©es est parfois nĂ©cessaire. Ces explorations sont rĂ©alisĂ©es dans un centre spĂ©cialisĂ© en photodermatologie ou il existe des consultations de « photobiologie ». Un photodermatologue fera des phototests en illuminant des zones de votre peau avec petites quantitĂ©s d’ultraviolets sur l’épaule et dans le dos. On peut si nĂ©cessaire placer les patients en cabine d’ultraviolet pour reproduire une exposition solaire de tout le corps. Les tests sont lus 48 heures plus tard. S’ils reproduisent les lĂ©sions dont se plaint le patient, les tests sont dits positifs, et on peut porter le diagnostic de lucite. On peut Ă©galement savoir quel type de rayonnement est responsable de l’éruption : UVA, UVB, ou lumière visible. Ceci permettra de se protĂ©ger au mieux en choisissant un filtre solaire (crème solaire) adaptĂ©. Dans les cas d’urticaire solaire, la lecture Ă  48 heures n’est pas nĂ©cessaire, les lĂ©sions apparaissant très rapidement dès l’application des tests.

Les autres Ă©ruptions solaires

Il existe d’autres affections provoquĂ©es ou aggravĂ©es par une exposition au soleil.

Le lupus érythémateux est une maladie où il existe une extrême sensibilité au soleil (photosensibilité) qui peut déclencher une éruption du visage (sur les joues et autour du nez) et provoquer des poussées de la maladie

Les porphyries cutanĂ©es forment un groupe d’affections familiales rares oĂą l’on peut avoir des Ă©ruptions dĂ©clenchĂ©es par l’exposition au soleil. La porphyrie cutanĂ©e tardive provoque des cloques et des croĂ»tes qui peuvent laisser des marques sur le dos des mains et le visage.

Les Ă©ruptions mĂ©dicamenteuses : Il existe de nombreux mĂ©dicaments incriminĂ©s qui peuvent provoquer une Ă©ruption au soleil : antibiotiques (tĂ©tracyclines, fluoroquinolones, sulfonamides), anti inflamamtoires, diurĂ©tiques (furosĂ©mide), antidiabĂ©tiques dĂ©rivĂ©s des sulfamides, antifongiques (grisĂ©ofulvine), tranquilisants (phĂ©notiazines)… Il faut bien vĂ©rifier que le mĂ©dicament que vous prenez ne rĂ©agit pas au soleil avant de vous exposer. Les traitements de l’acnĂ© comme le pĂ©roxyde de benzoyle en crème ou les tĂ©tracyclines par voie orale rĂ©agissent au soleil.

Les éruptions au soleil après contact avec une substance toxique comme des huiles essentielles de plante (contenues dans les plantes ou les parfums), le citron, le figuier, des goudrons, des colorants (éosine) ou des traitements locaux (anti-inflammatoires (KETUM® gel par exemple qui est très fréquemment en cause, péroxyde de benzoyle, résorcine). Ces éruptions sont des sortes de « brûlures » superficielles de la peau et peuvent laisser des traces pigmentées. Elles se produisent chez tout le monde s’il y a exposition solaire après application du produit. Certaines personnes sensibilisées peuvent développer une allergie à un produit, uniquement lorsqu’elles s’exposent au soleil (ce qui peut être le cas avec un composant contenu dans une crème solaire).

L’herpès solaire : certains patients dĂ©veloppent une poussĂ©e d’herpès après chaque exposition au soleil. Cette poussĂ©e peut-ĂŞtre prĂ©venue par la prise d’un antiviral avant toute exposition et pendant toute la durĂ©e de celles ci.

Certaines maladies de la peau peuvent ĂŞtre aggravĂ©es par le soleil, c’est le cas de l’acnĂ©, de la rosacĂ©e, de la dermite sĂ©borrhĂ©ique et mĂŞme paradoxalement du psoriasis et de l’eczĂ©ma atopique que le soleil amĂ©liore le plus souvent.

Certaines maladie de peau peuvent se ressembler et ĂŞtre confondues avec une lucite, ce peut ĂŞtre le cas du lupus Ă©rythĂ©mateux, de la rosacĂ©e, d’une urticaire, d’une acnĂ©, d’un eczĂ©ma ou d’une sarcoĂŻdose…

Existe-t-il des traitements efficaces de la l’allergie au soleil ?

LA PREVENTION
La protection solaire : Le principal traitement est de se protĂ©ger du soleil. Il faut Ă©viter de s’exposer volontairement au soleil et se protĂ©ger avec des vĂŞtements adaptĂ©s. Les Ă©crans solaires sur le marchĂ© sont très efficaces contre les rayons du soleil (UVA et UVB). Un Ă©cran maximal (très forte protection ou SPF 50+) est gĂ©nĂ©ralement recommandĂ©. Il est en gĂ©nĂ©ral indispensable de renouveler l’application rĂ©gulièrement (au moins trois fois par jour) et après chaque baignade. Le port de chapeau Ă  large bord, de vĂŞtements couvrants et de lunettes de soleil est aussi recommandĂ©. Il faut se mĂ©fier des ciels nuageux, qui sont trompeurs car les nuages laissent passer les ultraviolets mĂŞme s’ils filtrent les rayons infra-rouges qui donnent un signal de chaleur sur la peau. L’idĂ©al est donc de consulter l’index solaire du jour qui donne ville par ville les protections Ă  appliquer selon l’intensitĂ© du soleil prĂ©vue pour chaque journĂ©e.

Les carotĂ©noĂŻdes : Ce sont des photoprotecteurs reconnus. Le PhĂ©noro (bĂŞta carotène et canthaxanthine) Ă©tait utilisĂ©, mais il n’est plus commercialisĂ©. Des carotĂ©noĂŻdes sont prĂ©sents dans des complĂ©ments alimentaires associĂ©s Ă  d’autres agents comme vitamine E, vitamine C, sĂ©lĂ©nium, les huiles de poisson etc. (Photoderm oral®, Oenobiol solaire®, Oxelio®, etc.). Aucune Ă©tude ne permet Ă  ces produits de revendiquer une efficacitĂ© pour prĂ©venir la lucite, mais ils entraĂ®nent un bĂ©nĂ©fice chez certains patients.

Acide para amino-Benzoïque (PABA) : il est parfois utilisé avec de bons résultats pour la prévention de la lucite estivale bénigne. Le dermatologue prescrit le Pabasun® à la dose de 4 à 6 cp/j (1 comprimé à 500 mg/10 kg de poids), en trois prises pendant des repas. Le traitement sera débuté 15 jours avant le début de l’exposition solaire et poursuivie durant celle-ci.

La vitamine PP (nicotinamide)
: Il est prescrit (Nicobion 500®) avec des rĂ©sultats variables. Si certains auteurs ont retrouvĂ© une efficacitĂ© intĂ©ressante, d’autres pensent que ce traitement n’est pas efficace.

Les antipaludĂ©ens de synthèse (Plaquenil®, Nivaquine®) : les antipaludĂ©ens de synthèse sont efficaces pour la « prĂ©vention des lucites ». Le traitement doit ĂŞtre dĂ©butĂ© 7 jours avant le dĂ©but de l’exposition et poursuivi pendant la durĂ©e de la photosensibilitĂ©. La prise d’antipaludĂ©ens de synthèse nĂ©cessite un bilan ophtalmologique avant sa mise en route et rĂ©gulièrement chaque annĂ©e s’il est utilisĂ© plus de trois mois par an.

Les antihistaminiques (Aerius, Xyzall, Kestin…): Il sont utiles pour la prĂ©vention et/ou le traitement des symptĂ´mes de l’urticaire solaire ou des lucites bĂ©nignes, un ou deux anti-histaminiques peuvent ĂŞtre recommandĂ©s.

Les ultraviolets : la photothĂ©rapie est le traitement prĂ©ventif qui donne les meilleurs rĂ©sultats, son efficacitĂ© est excellente dans la plupart des cas. Des cures de photothĂ©rapie en cabine peuvent ĂŞtre recommandĂ©es par le dermatologue pour « prĂ©parer la peau au soleil ». Les sĂ©ances de photothĂ©rapie permettent de dĂ©livrer des doses croissantes de rayons ultraviolets, qui entraĂ®nent une tolĂ©rance progressive de la peau au soleil.

EN CAS D’ERUPTION
Les crèmes Ă  la cortisone (dermocorticoides), de niveau modĂ©rĂ© Ă  fort, permettent de soulager les dĂ©mangeaisons et de diminuer l’intensitĂ© de l’Ă©ruption. Ils peuvent ĂŞtre prescrit par le dermatologue pendant quelques jours.

Les antihistaminiques (Aerius, Xyzall, Kestin…) diminuent l’intensitĂ© des dĂ©mangeaisons au cours des lucites bĂ©nignes et de l’urticaire solaire.

Photographies

lucite-estivale
lucite-polymorphe
Lucite estivale
Lucite polymorphe
phototest
Phototest

Liens utiles

Index solaire du jour : Pour se protéger du soleil selon son intensité

VĂŞtements anti UV – Marque Oclio

emedicine.com : Polymorphous light eruption

Dermis - images de lucites du Dermis.net , une coopération entre le Departement de medecine sociale clinique (Université de Heidelberg) et le Departement de Dermatologie (Université de Erlangen)

Dermnet : images de poux et de pédiculose par Interactive Medical Media LLC

Bibliographie

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Mots à connaîtres

Lucite : ensemble des lĂ©sions de la peau provoquĂ©e par une exposition aux rayons solaires, quelle que soit la longueur d’onde (ultraviolet, lumière visible, rayons infrarouge). Le terme de lucite est utilisĂ© pour qualifier les dermatoses liĂ©es au rayonnement ultraviolet et visible. Le terme le plus utilisĂ© est celui de photodermatose.

Lucite estivale bĂ©nigne : c’est l’Ă©ruption solaire la plus frĂ©quente. Cette photodermatose d’origine inconnue survient surtout chez la femme jeune, en Ă©tĂ©, deux Ă  trois jours après une exposition solaire importante. La lucite estivale bĂ©nigne se manifeste par une Ă©ruption de petits boutons rouges qui dĂ©mangent sur les zones exposĂ©es, surtout dĂ©colletĂ© et membres, elle respecte le plus souvent le visage. La lucite estivale bĂ©nigne disparait sans traitement en en deux Ă  trois semaines, mais rĂ©cidive chaque Ă©tĂ© pendant plusieurs annĂ©es. L’origine prĂ©cise de la lucite estivale bĂ©nigne n’est pas connue.

Lucite hivernale bĂ©nigne : forme particulière de lucite atteignant le visage des enfants lors d’une exposition solaire brutale au cours des sports d’hiver. La lucite hivernale bĂ©nigne se manifeste par des rougeurs et un gonflement, de petits boutons rouges suintants et des plaques du front, des joues, des tempes et des oreilles. Il existe une avec sensation de picotement ou de brĂ»lures. La lucite hivernale bĂ©nigne disparaĂ®t en quelques jours mais rĂ©cidive souvent d’une annĂ©e sur l’autre, elle peut prĂ©cĂ©der la survenue d’une lucite estivale bĂ©nigne.

Lucite polymorphe : c’est une Ă©ruption solaire qui touche l’adulte jeune du printemps Ă  l’automne. Cette Ă©ruption solaire survient quelques heures après une exposition solaire souvent modĂ©rĂ©e. Elle se manifeste par une Ă©ruption prurigineuse qui touche toutes les zones exposĂ©es y compris le visage. L’Ă©ruption se caractĂ©rise par une diversitĂ© de boutons et une Ă©volution rĂ©cidivante pendant de nombreuses annĂ©es au dĂ©but de chaque printemps. L’origine de cette photodermatose est inconnue.

Lupus Ă©rythĂ©mateux : maladie auto-immune d’origine inconnue ou interviennent des facteurs familiaux et immunologiques. Le lupus Ă©rythĂ©mateux peut atteindre presque tous les organes par le dĂ©veloppement d’auto anticorps divers. Le lupus Ă©rythĂ©mateux s’accompagne très souvent d’une sensibilitĂ© au soleil ou photosensibilitĂ©.

- Le lupus érythémateux chronique est une forme cutanée de pronostic bénin, où les atteintes générales sont très rares.

- Le lupus Ă©rythĂ©mateux systĂ©mique est la forme la plus grave : il peut toucher l’ensemble des organes en particulier le rein, le système nerveux, le cĹ“ur, la peau.

- Le lupus érythémateux subaigu est une forme intermédiaire dont le pronostic est généralement favorable.

Maladie auto-immune : le système immunitaire permet la dĂ©fense de l’organisme contre les germes et en gĂ©nĂ©ral ce qu’il considère comme Ă©tranger. Ce système de dĂ©fense complexe fait appel Ă  des cellules (immunitĂ© cellulaire) et Ă  des substances qu’elles sĂ©crètent (immunitĂ© humorale). En cas de dysfonctionnement du système, les cellules de dĂ©fense se trompent parfois d’adversaire et considèrent que vos propres cellules sont Ă©trangères, votre système immun peut alors dĂ©clencher une « attaque » pour les dĂ©truires. Cette attaque fratricide peut toucher n’importe qu’elle partie du corps et induire des dysfonctionnements parfois sĂ©vères. La pĂ©riartĂ©rite noueuse, le lupus Ă©rythĂ©mateux aigu dissĂ©minĂ©, la maladie de Behcet, la maladie de Crohn, la sclĂ©rodermie, le diabète de type 1, la thyroĂŻdite de Hashimito, la sarcoidose, la pemphigoĂŻde bulleuse, vitiligo et la pelade sont des exemples de maladies auto-immunes.

Photodermatose : maladie cutanée dans laquelle intervient une sensibilité au soleil.

Photodermatologie : science Ă©tudiant l’action des rayonnements non ionisants, c’est-Ă -dire ultraviolets de la lumière visible et infrarouges, sur la peau. La photodermatologie comprend l’Ă©tude des rĂ©ponses normales et anormales Ă  ces rayonnements et leurs applications thĂ©rapeutiques.

Ultraviolets (rayons) : partie invisible du rayonnement Ă©mis par une source lumineuse naturelle (le soleil) ou artificielle, et dont les longueurs d’onde se situent entre 190 et 400 nm, juste avant les radiations violettes. Les rayons ultraviolets (UV) sont divisĂ©s en fonction de critères en trois sous groupes : les UVC (200-290 nm), les UVB (290-320 nm) arrĂŞtĂ©s par le verre, et les UVA (320-400 nm) traversant celui-ci. La profondeur de pĂ©nĂ©tration dans la peau du rayonnement est plus importante pour les plus grandes longueurs d’onde (maximum dans l’UVA).

En fonction du rĂ´le de la lumière, les photodermatoses sont classĂ©es en quatre groupes : 1. les photodermatoses acquises de causes inconnues telles que lucite estivale bĂ©nigne, lucite polymorphe, hydroa vacciniforme, urticaire solaire etc., oĂą la lumière est l’Ă©lĂ©ment essentiel responsable du dĂ©clenchement et de l’expression de la maladie; 2. les gĂ©nophotodermatoses et maladies mĂ©taboliques du type porphyries, troubles de la rĂ©paration de l’ADN (xeroderma pigmentosum), troubles du mĂ©tabolisme du tryptophane, syndrome de Rothmund-Thomson, etc., oĂą la photosensibilitĂ© n’est qu’un des signes de la maladie; 3. les photosensibilisations caractĂ©risĂ©es par des manifestations cutanĂ©es oĂą il existe une interaction de la lumière avec une substance photosensibilisante et dont le mĂ©canisme est de nature soit phototoxique (« super coup de soleil »), soit photoallergique (rĂ©action d’eczĂ©ma); 4. les dermatoses aggravĂ©es par l’exposition solaire ou dermatoses photoaggravĂ©es : lupus Ă©rythĂ©mateux, acnĂ©, dermatomyosite, etc.

Photodermatose printanière juvĂ©nile. forme rare de photodermatose sans cause connue, caractĂ©risĂ©e par une Ă©ruption prurigineuse de petits boutons parfois remplis de sĂ©rum (vĂ©sicules), de croĂ»tes. Cette Ă©ruption des oreilles, qui survient lors d’un froid matin printanier. La photodermatose printanière juvĂ©nile semble dĂ©clenchĂ©e par l’exposition solaire et le froid, et atteint principalement le garçon. Son Ă©volution est bĂ©nigne marquĂ©e par une guĂ©rison spontanĂ©e sans cicatrices, avec toutefois la possibilitĂ© de survenue de quelques rĂ©cidives printanières.

Photoépidermotest : les photoépidermotests ou photopatch-tests sont posés en double exemplaire, une première série étant illuminés par des ultraviolets A, la deuxième série n’étant pas irradiée, servant de témoin. On peut ainsi faire une diagnostic d’une photoallergie, ou éventuellement d’une allergie photo-aggravée.

Photoexploration voir Photoépidermotest

Exploration photobiologique : voir Photoépidermotest

Photoallergie : manifestation due Ă  l’interaction de la lumière solaire ou artificielle avec un agent sensibilisant. La photoallergie se manifeste par la survenue d’un d’eczĂ©ma, et plus rarement d’urticaire.

Photobiologie : science Ă©tudiant l’interaction des rayonnements Ă©lectromagnĂ©tiques non ionisants, c’est-Ă -dire ultraviolets, lumière visible et infrarouges, avec la matière vivante.

Porphyrie : groupe de maladies héréditaires en rapport avec un déficit enzymatique du métabolisme des porphyrines.

Urticaire solaire : forme rare d’urticaire physique dĂ©clenchĂ©e par l’action photoallergique du rayonnement solaire sur les structures cutanĂ©es.

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